Quels sont mes droits ?
Vos données ont fuité. Quels sont vos droits à indemnisation ?
Une violation de données personnelles peut ouvrir droit à réparation, même sans perte financière. Découvrez les conditions d'indemnisation et comment faire valoir vos droits.
Examiner ma situationSans compte ni saisie de données pour lire cette page.
Les trois conditions
Ce qu’il faut réunir, ensemble
Ces conditions s’examinent ensemble : aucune ne suffit seule.
- 1
Une violation du RGPD
Un manquement aux règles de protection des données doit être établi. Une cyberattaque ne prouve pas, à elle seule, que l’organisme a manqué à ses obligations de sécurité.
- 2
Un préjudice réellement subi
Un dommage matériel ou moral doit vous concerner personnellement. Il n’existe pas de seuil minimal de gravité pour le dommage moral, mais la seule violation du RGPD ne suffit pas.
- 3
Un lien de causalité
Il faut établir que votre préjudice résulte de cette violation. Deux événements survenus à la même période ne sont pas nécessairement liés.
Module interactif
Quel préjudice vous concerne ?
Choisissez une catégorie pour voir un exemple, les éléments utiles et les limites. Rien n’est enregistré.
Anxiété et inquiétude
Exemple de situation
Depuis la notification de violation de données, vous craignez une usurpation d’identité ou une fraude. Cette inquiétude revient régulièrement, notamment lorsque vous recevez un email, un appel inconnu, un SMS suspect ou une alerte concernant l'un de vos comptes. Vous avez désormais du mal à considérer ces sollicitations comme anodines.
Éléments utiles
- Votre récit personnel daté : début, durée, fréquence et effets de l’inquiétude.
- La notification et les informations sur les données effectivement concernées.
- Si elles existent : attestations de proches, démarches de protection ou consultations médicales.
Comment caractériser votre préjudice ?
Décrivez les inquiétudes que vous ressentez depuis la violation de vos données personnelles, notamment la crainte d'une usurpation d'identité, d'une fraude ou d'une utilisation malveillante de vos informations à votre insu. Expliquez comment cette anxiété se manifeste dans votre quotidien : pensées récurrentes, appréhension face aux appels ou messages inconnus, besoin accru de vérifier vos comptes ou difficulté à retrouver votre tranquillité habituelle. Précisez depuis quand vous éprouvez ces inquiétudes, leur fréquence et la manière dont elles affectent votre bien-être et votre sentiment de sécurité.
Limites à garder en tête
La crainte et ses conséquences doivent être réellement éprouvées et étayées. Un certificat médical n’est pas systématiquement requis ; une crainte simplement supposée ne suffit pas.
Atteinte à la vie privée
Exemple de situation
Des informations personnelles ont été divulguées ou compromises sans votre autorisation, comme des données de santé ou des données fiscales. Depuis, vous redoutez qu’elles puissent être découvertes par votre employeur ou votre entourage personnel et vous vous sentez exposé dans une partie particulièrement intime de votre vie.
Éléments utiles
- La notification ou la confirmation d’une transmission à un tiers non autorisé.
- Vos demandes d’information, d’effacement ou de limitation et les réponses reçues.
- Une description précise de la perte de maîtrise personnellement subie.
Comment caractériser votre préjudice ?
Décrivez quelles informations ont été exposées, pourquoi leur confidentialité compte particulièrement pour vous et ce que cette divulgation a concrètement changé dans votre vie.
Limites à garder en tête
Ne recherchez pas de fichiers volés et ne diffusez pas les données d’autres personnes. La nature des données et les circonstances doivent être appréciées dans votre dossier.
Perte de contrôle sur vos données personnelles
Exemple de situation
Après une cyberattaque, vous apprenez que vos données personnelles ont été compromises. Vous ignorez désormais qui détient ces informations, combien de copies peuvent circuler et à quelles fins elles pourraient être utilisées. Depuis cet incident, vous avez le sentiment de ne plus pouvoir maîtriser la diffusion de vos informations personnelles, alors qu’elles permettent de vous identifier et de vous contacter directement.
Éléments utiles
- La notification ou la confirmation d’une transmission à un tiers non autorisé.
- Vos demandes d’information, d’effacement ou de limitation et les réponses reçues.
- Une description précise de la perte de maîtrise personnellement subie.
Comment caractériser votre préjudice ?
Expliquez comment cette situation affecte concrètement votre quotidien : inquiétude persistante face à une possible usurpation d'identité, méfiance accrue envers les appels et messages inconnus, peur d'être ciblé par une fraude ou sentiment d'insécurité lié à l'utilisation future de vos données. Précisez si ces préoccupations reviennent régulièrement, si elles perturbent votre tranquillité ou si elles vous conduisent à adopter des comportements de vigilance que vous n'aviez pas auparavant.
Limites à garder en tête
Une perte de contrôle peut constituer un dommage moral sans usage frauduleux ni conséquences négatives tangibles supplémentaires. Le dommage effectivement subi doit néanmoins être démontré (CJUE, C‑655/23, point 60).
Perte financière
Exemple de situation
Vous avez supporté une perte financière ou engagé des frais à la suite de la violation. Identifiez les dépenses, leur nécessité et leur lien avec l’incident.
Éléments utiles
- Relevés montrant les opérations contestées et échanges avec la banque.
- Factures et justificatifs des dépenses effectivement engagées.
- Une chronologie permettant de relier les pertes ou frais à la violation.
Limites à garder en tête
Un débit suspect ou une dépense de protection ne sont pas automatiquement imputables à une fuite. Distinguez les montants restant à votre charge des sommes déjà remboursées.
Constituer le dossier
Trois niveaux de preuve
Documenter votre exposition
Conservez la notification, l’identité de l’organisme et les catégories de données concernées. Une facture ou un compte client peut établir votre relation avec le service, mais ne prouve pas à lui seul que vos données ont fuité.
Décrire votre préjudice personnel
Rédigez avec vos propres mots ce que vous avez réellement subi : depuis quand, à quelle fréquence, quelles informations vous préoccupent et pourquoi. Distinguez les faits certains, les indices et vos craintes.
Rassembler ce qui peut l’étayer
Joignez, lorsqu’ils existent, messages, attestations, démarches, justificatifs ou documents médicaux pertinents. Aucun type de pièce n’est systématiquement imposé ; leur valeur et leur concordance sont appréciées au cas par cas.
Démarche
Trois étapes, à votre rythme
- Étape 1
Clarifier ce qui vous concerne
Identifiez l’incident et les données exposées. Si nécessaire, demandez des précisions à l’organisme concerné.
Examiner ma situation - Étape 2
Organiser les faits et les preuves
Conservez les originaux et construisez un récit personnel cohérent. IndemniData vous aide à structurer ces informations dans un dossier probatoire.
Constituer mon dossier - Étape 3
Choisir la démarche adaptée
Une demande amiable peut être envisagée. Pour une action en justice, vérifiez les règles de compétence, de procédure et de représentation applicables, avec un professionnel si nécessaire.
Nous contacter
Compétence et procédure
En principe, les demandes contre une entreprise ou une personne privée relèvent du tribunal judiciaire ; celles mettant en cause une administration relèvent du tribunal administratif, avec notamment une demande indemnitaire préalable. Les actions de groupe sont réservées aux organismes habilités par la loi : regrouper des dossiers n’équivaut pas, à lui seul, à engager une action de groupe.Le rôle d’IndemniData
Ce que nous faisons, et ce que nous ne faisons pas
IndemniData aide à organiser votre récit, vos pièces et votre dossier probatoire. L’horodatage contribue à documenter l’intégrité et la chronologie d’un document ; il ne certifie pas à lui seul la véracité des faits ni le lien de causalité. Le rapport ne remplace pas l’analyse d’un avocat ni l’appréciation du juge. Les éventuelles prestations payantes concernent la constitution ou l’accès au rapport selon le Pass choisi ; l’indemnisation dépend de l’analyse du dossier et de l’issue de la démarche.
Questions fréquentes
Vos questions, sans détour
Puis-je demander réparation sans avoir perdu d’argent ?
Oui. L’article 82 du RGPD vise les dommages matériels et moraux. Une crainte fondée, une perte de confidentialité ou une perte de contrôle peuvent être concernées, à condition d’établir le dommage effectivement subi et son lien avec la violation.
Une notification de fuite suffit-elle ?
Elle constitue un élément utile pour documenter votre exposition. Elle ne démontre pas automatiquement un manquement au RGPD, votre préjudice personnel et le lien causal. Ces éléments doivent être examinés ensemble.
Faut-il un certificat médical ou une fraude déjà survenue ?
Non, pas systématiquement. Un préjudice moral peut exister sans maladie, sans perte financière et sans fraude consommée. Un document médical, lorsqu’il existe et est pertinent, peut corroborer un récit ; ce n’est pas une condition générale d’indemnisation.
La CNIL peut-elle m’indemniser ?
Non. La CNIL peut recevoir une plainte, contrôler, imposer des mesures correctrices ou sanctionner. Elle n’accorde pas de dommages-intérêts. Une indemnisation peut être recherchée auprès du responsable ou, en cas de litige, devant le juge compétent.
Mon adresse et mes achats ont fuité : puis-je invoquer un sentiment d’insécurité ?
L’association d’une adresse et de certains achats peut étayer une crainte fondée selon le contexte. Décrivez votre exposition et ce que vous ressentez réellement, sans présumer qu’un cambriolage aura lieu. Être client d’une armurerie ne prouve pas la détention d’une arme. Aucun montant ni multiplicateur n’en découle automatiquement.
Plus de justificatifs signifie-t-il une indemnisation plus élevée ?
Non. L’intensité du dommage et la solidité des preuves sont deux questions différentes. Des pièces pertinentes peuvent étayer la demande, mais leur nombre ne se convertit pas en euros. Il n’existe pas de barème judiciaire automatique pour ces situations.
Dois-je créer un compte pour comprendre mes droits ?
Non. Cette page et ses exemples sont accessibles librement. Le bouton « Examiner ma situation » ouvre le parcours de vérification existant ; il ne constitue ni une décision d’éligibilité juridique ni une promesse d’indemnisation.
Pour préparer votre démarche
Sources
Pour vérifier par vous-même
- CNIL — Dans quels cas peut-on être indemnisé ?2 octobre 2026 · Conditions, preuves et voies de recours.
- Article 82 du RGPDDroit à réparation du dommage matériel ou moral.
- Cour de cassation — 24 juin 2026, n° 24‑22.792Chambre sociale · Le dommage ne se déduit pas de la seule violation.
- CJUE — 14 décembre 2023, C‑340/21Points 75 à 86 · Crainte d’un usage abusif et appréciation individuelle.
- CJUE — 4 septembre 2025, C‑655/23Points 56 à 61 · Dommage effectivement subi et perte de contrôle.
- Me Elsa Bonetto-Sabri — Analyse de l’arrêt1er juillet 2026 · Commentaire juridique, distinct du texte de la décision.